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Vacances obligent, les villes lignes de mire aux coulisses désastreuses

Posté par: Pierre kama| Lundi 03 août, 2015 16:08  | Consulté 603 fois  |  0 Réactions  |   

A peine l’école sénégalaise ferme ses portes pour cette année, une vague de potaches débarquent  chaque jour à Dakar pour y chercher fortune durant ces moments de vacances. En provenance pour la plupart des régions naturelles de Sine Saloum,  Baol,  Casamance et une partie de la Région de Thiès, leurs conditions d’existence à Dakar fait parfois peine à voir.

Espérant trouver du travail pour améliorer leurs conditions de vie et satisfaire leurs besoins, elles prennent d’assaut la capitale sénégalaise la tête pleine d’illusions.

Avec la ferme conviction de trouver du travail avant la fin des vacances pour mobiliser des ressources pouvant leur permettre de payer des habits neufs et des fournitures scolaires, la première chose qu’elles font une fois arrivées à destination est de sillonner (parfois en groupe) les quartiers populaires de Dakar et sa banlieue en bravant le soleil ardent, la fatigue suite aux longs parcours et logiquement la faim jusqu’à trouver du boulot où commencent souvent le bagne et les subtils pièges liés à leurs vie privée susceptibles de leur gâcher la vie si elles ne prennent pas garde.

Un bonne partie des élèves, qui s’adonnent à cette activité pendant les vacances scolaires finissent souvent par tomber dans la facilité, et ainsi abandonnent l’école faute de motivation ou par mimétisme.

Confrontées souvent à d’innombrables ennuis et de toute sorte pendant cette période, aussi les irrésistibles tentations citadines, pas mal d’infortunes résultent du séjour de ces dernières déjà loin des yeux protecteurs de leurs géniteurs. Et sur ce même chapitre, ces dites vacancières au même titre que leurs congénères femmes de ménages communément appelées « mbindaan » de profession mènent incognito une vie de galérien dans les maisons à Dakar.

Le problème récurrent est le harcèlement sexuel, dans leur lieu de travail soit avec leur patron, les fils de leur patron ou un membre de sa famille d’embauche ou alors dans leurs foyers. Il arrive que la fille cède et s’en sorte avec une grossesse précoce ou non désirée. L’enfant naturel qui naît de cette grossesse est mal accepté, ce qui est à l’origine de la plupart des cas d’infanticides ou la non reconnaissance notée chez cette catégorie sociale. Les filles domestiques sont aussi l’objet de viol mais pour des raisons de pudeur ces viols ne sont pas souvent déclarés. Les employées de maison sont souvent accusées de vol de bijoux, d’argent, de vaisselles, etc. Elles sont à la merci de leur patronne qui n’hésite pas à les renvoyer sans motif ni préavis et sans percevoir leur dû. Elles ne bénéficient ni de couverture médicale, ni de jours de repos encore moins de congés. Elles sont victimes de violence morale, d’un manque de respect et sont discriminées par rapport aux membres de la famille de leur employeur.

En outre, au delà des ces abus de pouvoir, les conditions physique dans lesquelles elles exercent leurs tâches laissent à désirer.

D’abord, les horaires varient d’un contexte à un autre. Deux pratiques existent à ce niveau :

Pour celles qui logent avec leur patron, les heures de travail ne sont jamais définies. La fille travaille à n’importe quelle heure en fonction de l’humeur du patron; Les filles qui ne logent pas avec leur patron ont moins de problèmes que les premières du point de vue horaire de travail ; même si toutes deux n’ont quasiment ni week-end ni de jour férié. Les secondes après la descente ne sont plus sous contrôle des patrons.  En cas de maladie ou de contrainte familiale certains patrons n’hésitent pas à défalquer de leur modique revenu mensuel le nombre de jours absentés.

S’agissant des fillettes âgées de onze (11) à quinze (15) ans, elles sont souvent accueillies par des parents ou de vieilles connaissances installées en ville. Les conditions d’hébergement sont souvent si difficiles que l’enfant dans sa recherche de solution, à son problème personnel, verse dans les activités domestiques rémunérées ou dans la vente de sachets d’eau sur la voie publique, ce qui constitue un gros risque pour ces gamines qui sont parfois obligées de se faufiler entre les voitures pour accéder aux certains clients vu l’état exécrable de la circulation et aussi la menace des détourneurs  d’enfants (pour kidnapping ou pédophilie), qui d’ailleurs défraie la chronique de ces derniers jours et surtout l’abominable histoire de Ndeye Sélbé Diouf (la fillette originaire de Ndiongolor qui avait été découpée en morceau par un maniaque à Guédiawaye) et qui avait fini d’installer la psychose chez les parents.

Encore une fois, les régions (zones pourvoyeuses) qui sont les plus touchées par cette exploitation des jeunes filles domestiques sont : Fatick, Kaolack, Diourbel et Thiès. Et pour cause, la paupérisation croissante du monde rural, conséquences des politiques d’ajustement structurel renforcées, des calamités naturelles de l’absence d’une politique agricole cohérente et concertée avec les acteurs ont incité les populations rurales à développer des stratégies de survie dont la mise au travail des fillettes et des jeunes filles comme employées de maison.

Donc, nous attirons l’attention des parents sur les risques multiples que constituent souvent ces dites vacances sur l’avenir de leurs enfants et encore demandons aux autorités de hâter l’activation des dispositions de la loi (en veilleuse) vis-à-vis de cette problématique  car nos sœurs dans l’intention de gagner dignement leur vie et pourvoir aux besoins de leurs familles, souffrent vachement et discrètement dans les villes.

Pierre Diégane Kama
 

 L'auteur  Pierre Kama
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Mots Clés: Société, Exode rural
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Pierre Kama
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